Île inconnue découverte en Antarctique

par Heiner Kubny
04/14/2026

Des participants à une expédition antarctique à bord du Polarstern ont découvert dans la mer de Weddell une île qui n’était pas encore répertoriée sur les cartes marines. L’île mesure environ 130 mètres de long, 50 mètres de large et s’élève d’environ 16 mètres au-dessus de l’eau. (Photo: AWI / Christian Haas)

Un groupe international de recherche a découvert une île jusqu’alors inconnue lors d’une expédition dans le nord-ouest de la mer de Weddell. L’expédition s’est déroulée à bord du brise-glace de recherche allemand «Polarstern» et a été organisée par l’Institut Alfred Wegener (AWI). Depuis le 8 février 2026, 93 scientifiques étudiaient une région clé pour les courants océaniques mondiaux.

En raison de mauvaises conditions météorologiques, le navire de recherche a dû chercher refuge sous le vent de l’île Joinville. C’est alors que l’équipe a remarqué un objet jusqu’alors inconnu, qui n’était indiqué sur les cartes marines que comme une zone dangereuse.

L’expert en bathymétrie Simon Dreutter a examiné les données de plus près. Au départ, les chercheurs pensaient qu’il s’agissait d’un iceberg à l’apparence inhabituelle. Mais une analyse plus approfondie a révélé qu’il s’agissait d’un rocher solide, une île jusqu’alors non cartographiée.

(Photo: AWI / Christian Haas)

L’équipage s’est approché prudemment et a commencé un relevé systématique. Grâce à des technologies modernes telles que le sonar multifaisceaux et des prises de vue par drone, l’île a pu être cartographiée avec précision.

Les résultats montrent:
• Longueur: env. 130 mètres
• Largeur: env. 50 mètres
• Hauteur: env. 16 mètres au-dessus du niveau de la mer

L’île est donc légèrement plus longue que le navire de recherche lui-même et nettement plus large.

Pourquoi l’île est-elle restée inconnue ?
Les raisons de l’absence de cartographie restent pour l’instant incertaines. Bien que la zone ait été signalée comme dangereuse, sa position exacte différait d’environ un mille marin. De plus, la couverture de glace compliquait son identification sur les images satellites, car l’île se distinguait à peine des icebergs dérivants.

Comme l’île ne porte pas encore de nom officiel, un processus international de dénomination va désormais être lancé. Le responsable de l’expédition dans le domaine de la bathymétrie, Boris Dorschel-Herr, possède déjà une expérience dans ce type de procédure.

Une fois ce processus terminé, l’île sera intégrée aux cartes marines internationales ainsi qu’à d’importantes bases de données, comme la carte bathymétrique de l’océan Austral. Cela est particulièrement important, car des objets non cartographiés peuvent sinon être perdus en raison de lacunes dans les données.

(Photo: AWI / Simon Dreutter)

Résultats importants pour la recherche océanique
Outre cette découverte, l’expédition a fourni des résultats scientifiques significatifs. Les chercheurs ont étudié les courants marins, les habitats du fond océanique et les changements dans les eaux profondes antarctiques.

Le recul de la banquise était également au centre des observations. Selon le chef d’expédition Christian Haas, on observe depuis 2017 une diminution marquée de l’étendue estivale de la glace de mer dans la mer de Weddell. Parallèlement, des processus de fonte inhabituels ont été observés, rappelant en partie les conditions arctiques.

Les données recueillies sont essentielles pour comprendre les courants océaniques mondiaux et les changements climatiques. Les interactions entre la banquise, l’océan et les processus biologiques jouent notamment un rôle clé dans le cycle global du carbone.

Heiner Kubny, PolarJournal