Le changement climatique atténue le risque radiologique du «Komsomolets»

par Heiner Kubny
03/26/2026

Une étude récente examine l'impact du changement climatique sur la propagation potentielle de substances radioactives provenant du sous-marin nucléaire soviétique «Komsomolets», qui a coulé.
Après un incendie dévastateur à bord, le sous-marin nucléaire «Komsomolets» a coulé le 7 avril 1989 au sud-ouest de l’île aux Ours. (Photo: Havforskningsinstituttet)

Une étude récente de décembre 2025 de l’autorité norvégienne de radioprotection examine l’influence du changement climatique sur la possible dispersion de substances radioactives provenant du sous-marin nucléaire soviétique «Komsomolets» coulé. Le sous-marin a sombré le 7 avril 1989 au sud-ouest de l’île aux Ours après qu’un incendie s’est déclaré à bord. Sur les 69 membres d’équipage, 42 ont péri, les autres ont été secourus par des bateaux de pêche. Depuis son naufrage, le sous-marin repose à environ 1 673 mètres de profondeur dans la mer de Norvège. À bord se trouvent un réacteur nucléaire ainsi que deux torpilles équipées d’ogives nucléaires.

Dans le cadre de l’étude, des scientifiques ont développé différentes simulations informatiques afin d’analyser des scénarios possibles de fuites radioactives. Quatre variantes ont été examinées: une libération continue depuis le fond marin, une libération continue dans toute la colonne d’eau, une libération ponctuelle depuis le fond marin ainsi qu’une libération ponctuelle dans toute la colonne d’eau. Pour chaque scénario, la dispersion des substances radioactives a été calculée à la fois dans les conditions actuelles et dans des conditions climatiques futures.

Un robot sous-marin effectue le 08.07.2019 des mesures concernant d’éventuelles fuites nucléaires sur l’épave du sous-marin nucléaire «Komsomolets». (Photo: Havforskningsinstituttet)

Les résultats montrent que le changement climatique tend à réduire le risque que des substances radioactives atteignent la surface de la mer. Cela s’explique par la stratification croissante des eaux marines due à l’augmentation des températures et à l’évolution des régimes de précipitations. Les eaux de surface plus chaudes se mélangent moins avec les couches profondes plus froides, où se trouve l’épave. Le transport vertical des particules radioactives s’en trouve ainsi limité.

Les changements climatiques les plus marqués ont été observés entre 1982 et 2001, période durant laquelle le mélange vertical des masses d’eau était particulièrement intense. Entre 2002 et 2021, ce mélange a déjà diminué, réduisant également l’influence du changement climatique sur la dispersion de la radioactivité.

Le sous-marin nucléaire «Komsomolets» repose à 1 673 mètres de profondeur sur le fond de la mer de Norvège. (Graphique: Heiner Kubny)

Selon les modélisations, la radioactivité qui s’échapperait se propagerait principalement dans la mer de Norvège et atteindrait en partie la mer de Barents ainsi que l’océan Arctique. Le long de la côte norvégienne, notamment dans les régions des Lofoten, de Tromsø et de Kirkenes, les concentrations pourraient augmenter sur une période d’environ deux décennies, mais resteraient nettement inférieures aux valeurs d’un scénario sans changements climatiques.

L’étude a été réalisée dans le cadre du plan d’action norvégien pour la sécurité nucléaire. Les scientifiques soulignent que leurs résultats reposent sur des modélisations et qu’il n’existe actuellement aucun danger aigu lié à l’épave. Des mesures effectuées en 2019 indiquent que la libération de césium-137 radioactif s’élève à environ 0,1 gigabecquerel par an, soit un niveau plusieurs ordres de grandeur inférieur à celui des années ayant immédiatement suivi l’accident.

En résumé, le changement climatique pourrait, dans ce cas particulier, avoir un effet atténuateur sur la dispersion des substances radioactives. Néanmoins, une surveillance continue de l’épave reste nécessaire afin de détecter et d’évaluer précocement d’éventuels risques.

Heiner Kubny, PolarJournal