Augmentation du microplastique dans l’Arctique

par Heiner Kubny
06/09/2026

Sous l’effet des marées et de la dégradation mécanique, le plastique dans l’eau se transforme en microplastique. Il en résulte de minuscules particules de plastique d’un diamètre inférieur à 5 mm (jusqu’à 5000 micromètres). (Photo: Unsplash)

Alors que les grandes puissances se disputent le contrôle de l’Arctique, un nouveau concurrent inattendu s’est discrètement imposé au premier plan: le microplastique. Que peut-on faire face à un polluant qui a déjà atteint le pôle Nord?

Le microplastique est depuis longtemps devenu un problème mondial. Ces particules ont été détectées dans presque toutes les régions de la planète, des profondeurs de la fosse des Mariannes jusqu’au sommet du mont Everest. Elles ont même été retrouvées dans le corps humain, notamment dans le lait maternel ou le sang. Cette évolution montre à quel point l’environnement est désormais affecté par la pollution plastique.

Le microplastique a été détecté dans de nombreux compartiments environnementaux ainsi que dans des organismes le long de la chaîne alimentaire, jusqu’à différents tissus et organes humains; cependant, une évaluation fiable des risques pour la santé humaine reste encore limitée. (Photo: Pexels)

L’Arctique était longtemps considéré comme un écosystème isolé et largement intact. Aujourd’hui, il devient de plus en plus un réceptacle de la pollution mondiale. Les courants marins, le vent et les mouvements de la glace transportent des particules de plastique depuis des régions éloignées vers le Grand Nord. Là, elles sont piégées dans la glace ou absorbées par les organismes. De plus, les particules de microplastique peuvent fixer des substances polluantes qui s’accumulent dans la chaîne alimentaire.

Une des principales raisons de cette pollution croissante est l’augmentation constante de la production de plastique. Chaque année, environ 350 millions de tonnes de plastique sont produites dans le monde. Une grande partie se retrouve dans l’environnement, en particulier dans les océans. Sous l’effet du rayonnement solaire, du mouvement des vagues et des contraintes mécaniques, le plastique se fragmente en particules de plus en plus petites. Le microplastique désigne des particules d’un diamètre inférieur à cinq millimètres. Elles proviennent à la fois de la dégradation de déchets plastiques plus volumineux et de sources directes, comme les textiles synthétiques ou l’usure des pneus.

Les phoques, en tant que consommateurs finaux, sont particulièrement touchés par l’accumulation de microplastiques. (Photo: Heiner Kubny)

Les conséquences pour la faune sont considérables. De nombreux organismes marins ingèrent du microplastique via leur alimentation. Cela peut provoquer des blessures, des inflammations et des dommages à long terme pour la santé. Les animaux situés en haut de la chaîne alimentaire sont particulièrement affectés, car les substances nocives s’accumulent dans leur organisme. Cela menace non seulement la survie de certaines espèces, mais aussi l’équilibre de l’ensemble de l’écosystème.

Malgré les avancées scientifiques, les mesures efficaces restent souvent insuffisantes. Des intérêts économiques divergents, des désaccords politiques et l’absence de réglementations contraignantes compliquent une action coordonnée. Sans coopération internationale, il sera difficile de résoudre ce problème.

Il existe néanmoins des approches porteuses d’espoir. Parmi celles-ci figurent la réduction de la production de plastique, le développement de matériaux respectueux de l’environnement, ainsi que l’amélioration du recyclage et de la gestion des déchets. L’essentiel est que ces mesures soient mises en œuvre de manière cohérente à l’échelle mondiale.

Les déchets qui s’accumulent le long des rives des fleuves finissent inévitablement dans la mer et peuvent même atteindre des régions reculées comme l’Arctique. Les particules de microplastique persistent souvent très longtemps dans l’environnement et peuvent mettre des centaines d’années à se décomposer complètement. (Photo: Unsplash)

L’augmentation de la pollution de l’Arctique par les microplastiques montre qu’aucun endroit sur Terre n’est désormais épargné. Elle illustre également à quel point les écosystèmes mondiaux sont étroitement liés. La protection durable de cette région dépendra de la rapidité et de la détermination avec lesquelles la communauté internationale agira.

Heiner Kubny, PolarJournal