Le nouveau brise-glace nucléaire russe prend du retard

par Heiner Kubny
08/27/2026

Le « Tchoukotka » dans la banquise arctique. (Illustration générée par IA : PolarJournal)

L’extension par la Russie de sa flotte de brise-glaces à propulsion nucléaire prend du retard. Le « Tchoukotka », prochain brise-glace de la série Projet 22220, ne devrait pas être mis en service fin 2026 comme prévu, mais seulement en 2027.

Le « Tchoukotka » est en cours de construction au chantier naval de la Baltique à Saint-Pétersbourg. Fin 2025 encore, la société d’État United Shipbuilding Corporation avait annoncé une livraison pour décembre 2026. Entre-temps, la date a été repoussée à l’année prochaine. Les raisons de ce retard n’ont pas encore été communiquées.

L’un des trois moteurs de propulsion de 20 MW, pesant chacun 300 tonnes, est hissé à bord du « Tchoukotka ». (Photo : Service de presse, Chantier naval de la Baltique / USC)

Les brise-glaces du projet 22220 constituent l’épine dorsale de la stratégie russe visant à exploiter la route maritime du Nord autant que possible tout au long de l’année. Avec une puissance de propulsion d’environ 60 mégawatts, ils sont capables de briser une couche de glace pouvant atteindre environ trois mètres d’épaisseur. Grâce à leur tirant d’eau variable, ils peuvent être utilisés aussi bien dans l’océan Arctique que dans les eaux côtières sibériennes moins profondes.

Quatre navires de cette classe sont déjà en service : « Arktika », « Sibir », « Ural » et « Yakutia ». La flotte devrait s’agrandir avec l’arrivée du « Tchoukotka ». Viendront ensuite le « Leningrad » et le « Stalingrad », déjà en construction, dont la mise en service est prévue respectivement en 2028 et 2030.

Le « Tchoukotka » à quai d’armement du chantier naval de la Baltique à Saint-Pétersbourg. La superstructure du nouveau brise-glace nucléaire prend de plus en plus forme. (Photo : Chantier naval de la Baltique / USC)

Ce retard intervient à un moment où la Russie souhaite continuer à développer ses capacités le long de la route maritime du Nord. Les brise-glaces à propulsion nucléaire revêtent ici une importance particulière pour les projets d’exploitation des matières premières dans l’Arctique ainsi que pour l’escorte des méthaniers et des pétroliers. Au printemps 2026, huit brise-glaces nucléaires russes étaient parfois en service simultanément dans la partie occidentale de l’Arctique russe.

Dans le même temps, les coûts augmentent. Des sources de financement supplémentaires sont recherchées pour le « Leningrad » et le « Stalingrad ». Les coûts sont désormais estimés à environ 85 milliards de roubles par brise-glace. Parmi les mesures envisagées figurent notamment des redevances supplémentaires sur les cargaisons transportées via la route maritime du Nord ou via les ports maritimes russes.

Le retard pris par le « Tchoukotka » montre que, malgré des investissements importants, la poursuite du développement de la flotte arctique russe reste liée à des défis financiers et techniques.

Heiner Kubny, PolarJournal