Un prix Ig Nobel 2026 a récompensé des scientifiques qui ont redéfini ce qui peut être considéré comme un baiser. Selon cette nouvelle définition, les ours polaires s’embrasseraient eux aussi.
Les prix Ig Nobel célèbrent des recherches qui, selon les termes des organisateurs, font d’abord rire, puis réfléchir. Les prix de cette année ont été remis le 3 septembre à Zurich, en Suisse, et ont récompensé des recherches portant sur des sujets allant des sous-vêtements enterrés au lait de cafard.
Le prix Ig Nobel 2026 de biomécanique a été attribué à un groupe de chercheurs pour leurs travaux sur le phénomène du baiser. Leur étude examine le baiser d’un point de vue évolutif. Si son analyse comparative se concentre principalement sur les primates, cette recherche a également des implications pour d’autres espèces animales.
Qu’est-ce qui peut être considéré comme un baiser ?
La question devient moins simple lorsque l’on retire les humains de l’équation. Une récente revue consacrée aux comportements de contact rapproché chez les mammifères explique que le baiser a traditionnellement été défini comme un contact entre les lèvres. Selon cette revue, avec cette définition, le baiser n’a été observé que chez les humains, les chimpanzés et les bonobos.
Les chercheurs récompensés par le prix Ig Nobel ont adopté une approche plus large. À la recherche d’une définition qui ne soit pas centrée sur les humains et qui puisse être appliquée à différentes espèces, ils ont défini le baiser comme un contact bouche-à-bouche intentionnel et non agressif entre des individus de la même espèce, impliquant un certain mouvement des lèvres ou des pièces buccales et sans transfert de nourriture.
Avec cette définition, le règne animal compte soudain davantage d’animaux qui s’embrassent. Parmi les animaux non humains explicitement mentionnés par les auteurs figurent les ours polaires. À titre d’exemple, l’étude cite une vidéo YouTube intitulée French kissing polar bears, qui montre deux ours polaires en captivité lors d’un contact bouche-à-bouche prolongé et apparemment non agressif. Les recherches et observations portant spécifiquement sur les baisers chez les ours polaires semblent toutefois limitées.
D’autres rencontres rapprochées
Bien que les ours polaires soient de puissants prédateurs, connus pour des comportements très agressifs envers d’autres animaux et même pour le cannibalisme, ils peuvent également avoir des contacts physiques remarquablement doux et non agressifs. Les mères touchent et toilettent fréquemment leurs petits, qui peuvent dormir blottis contre leur corps. Pendant la parade nuptiale, lorsque le mâle et la femelle s’habituent progressivement l’un à l’autre, des contacts physiques non agressifs ont également lieu. Des couples ont aussi été observés marchant ensemble et couchés l’un près de l’autre dans la neige.
Une autre forme intéressante de contact rapproché, qui ne constitue toutefois pas un baiser même selon la nouvelle définition, est le salut nez à nez. De manière générale, le contact nez à nez est répandu chez les mammifères, y compris chez des espèces normalement solitaires, et peut avoir différentes significations et fonctions. Polar Bears International décrit ces salutations nez à nez comme une façon pour un ours polaire de demander quelque chose à un autre, par exemple l’accès à de la nourriture. Un ours peut s’approcher lentement avant de toucher doucement du nez celui qui est en train de manger.
Alors, les ours polaires s’embrassent-ils ? Apparemment oui. Et ils se touchent aussi le nez. Quant à savoir si les ours polaires eux-mêmes se reconnaîtraient dans ces descriptions, c’est une autre question.
Polar Journal AG Team

