Le Svalbard s’apprête à introduire un nouveau système formel de certification des guides dans l’Arctique, marquant un tournant dans la manière dont le tourisme et la sécurité sur le terrain sont encadrés dans les environnements polaires isolés. Conformément à de nouvelles réglementations sur la sécurité en terrain, qui entreront en vigueur en 2026, les guides opérant en dehors des zones habitées devront, à partir du 1er juillet 2027, disposer d’une autorisation officielle délivrée par les autorités. Une profession qui reposait jusqu’ici principalement sur l’expérience et des qualifications informelles sera ainsi encadrée.
Ces changements interviennent dans un contexte d’augmentation des activités touristiques dans les régions reculées du Svalbard ces dernières années. Les autorités norvégiennes soulignent la nécessité de normes de sécurité plus homogènes dans un environnement à haut risque, caractérisé par des conditions météorologiques extrêmes, un terrain difficile et la présence d’ours polaires, tout en exigeant la protection d’écosystèmes fragiles.
Le nouveau dispositif définit des exigences de compétences dans des domaines tels que l’évaluation des risques, la gestion des situations d’urgence, les connaissances environnementales et la sécurité face aux ours polaires. La certification sera limitée dans le temps et devra être renouvelée régulièrement. Une disposition transitoire permet aux guides pouvant justifier d’au moins 1 500 heures d’activité au cours des trois dernières années de déposer une demande de certification sans devoir suivre l’intégralité du programme de formation. La date limite est fixée au 1er janvier 2027.
Le système de formation combine des modules en ligne et des éléments pratiques, tout en tenant compte de l’expérience préalable et des formations pertinentes suivies en dehors du Svalbard. Il distingue également des certifications pour guides d’été et d’hiver, en fonction de l’expérience saisonnière et du type d’activités.
Comparé à d’autres régions polaires, l’approche du Svalbard se distingue par son caractère centralisé et obligatoire. Au Groenland, en Islande et dans certaines parties de l’Arctique canadien, le tourisme est largement encadré par la responsabilité des opérateurs et des lignes directrices sectorielles, notamment celles développées par l’AECO (Association of Arctic Expedition Cruise Operators), plutôt que par une certification étatique des guides individuels. En Antarctique, un modèle similaire existe sous l’égide de l’IAATO (International Association of Antarctica Tour Operators), qui impose du personnel formé et des procédures strictes, sans délivrer de licences officielles de guide.Certains acteurs du secteur ont soulevé des questions pratiques concernant la mise en œuvre, notamment en ce qui concerne les délais et les capacités de formation. Le nouveau modèle du Svalbard pourrait indiquer une évolution plus large vers une régulation accrue de l’activité de guidage dans les environnements à haut risque.
Léa Zinsli, PolarJournal

