Le 23 avril 2026, l’Union européenne a adopté de nouvelles mesures contre la Russie dans le cadre de son 20ᵉ paquet de sanctions. Au centre de ces mesures se trouve le port nord-russe de Mourmansk, désormais officiellement inscrit sur la liste des sanctions. La décision a été rendue publique le 24 avril 2026 et vise principalement le secteur pétrolier russe ainsi que ses structures d’exportation.
Mourmansk est considéré comme l’un des principaux points de transbordement du pétrole brut russe. Après les récentes attaques de drones ukrainiens contre les ports d’Oust-Louga, Primorsk dans le golfe de Finlande, ainsi que Novorossiïsk en mer Noire, Mourmansk a gagné considérablement en importance. À certains moments, ce port arctique est devenu le principal hub des exportations pétrolières russes.
Selon le Conseil de l’UE, le port est utilisé par des navires pratiquant des «méthodes de navigation irrégulières et risquées». Une grande partie des pétroliers opérant dans la zone appartient à la «flotte fantôme» russe. Ces navires fonctionnent souvent en dehors des normes internationales et compliquent le contrôle des transports de pétrole. Depuis octobre 2025, plus de 100 de ces pétroliers auraient fait escale à Mourmansk.
Un élément clé de la logistique d’exportation repose sur deux unités de stockage flottantes dans la baie de Kola. Des pétroliers navettes transportent le pétrole depuis des zones d’exploitation telles que la mer de Petchora et le golfe de l’Ob. Celui-ci est ensuite transféré sur des pétroliers conventionnels pour être exporté vers les marchés internationaux.
Avec ces nouvelles sanctions, l’UE ne cible pas seulement le port lui-même, mais l’ensemble de la chaîne de transport dans l’Arctique russe. Cela inclut également plusieurs pétroliers désormais sanctionnés. Parmi eux figurent les pétroliers navettes arctiques «Mikhail Lazarev» et «Mikhail Ulyanov», tous deux impliqués dans des activités de l’entreprise russe Gazprom Neft.
Le pétrolier «Valentin Pikul» a également été ajouté à la liste des sanctions. Le navire a été construit en 2024 au chantier Zvezda dans l’Extrême-Orient russe et est spécialement conçu pour opérer dans les conditions glaciales de l’Arctique. Il appartient à la compagnie maritime Rosnefteflot et devrait être utilisé dans le cadre du projet pétrolier Vostok sur la péninsule de Taïmyr, l’un des plus grands projets pétroliers russes.
En outre, Rosnefteflot elle-même a été sanctionnée, ce qui devrait encore accentuer les conséquences économiques pour l’industrie pétrolière russe. Dans l’ensemble, ces mesures visent à compliquer le contournement des sanctions existantes et à restreindre davantage les exportations de pétrole russe.
Avec ce 20ᵉ paquet de sanctions, l’UE envoie un signal clair qu’elle entend renforcer encore ses mesures contre la Russie et cibler en particulier les infrastructures stratégiques du secteur énergétique.
Heiner Kubny, PolarJournal

