Une équipe internationale de chercheurs a découvert, à l’aide de deux satellites GRACE, un gigantesque cratère d’impact sous la glace de l’Antarctique. Il pourrait s’agir de l’un des plus grands cratères météoritiques sur Terre. Cette structure de plus de 450 kilomètres est cachée sous une couche de glace d’environ un kilomètre et demi d’épaisseur. Cet impact colossal est-il lié à la plus grande extinction de masse de l’histoire de la Terre?
La météorite géante, dont le cratère a été découvert en Antarctique, a-t-elle été le plus grand destructeur de tous les temps? Les chercheurs ont identifié, à 1,5 kilomètre sous la calotte glaciaire antarctique, un cratère de 482 kilomètres de diamètre. Il remonterait à un impact survenu il y a 250 à 300 millions d’années. Selon les scientifiques, la violence du choc dans la région de Wilkes Land fut catastrophique pour la Terre et ses habitants: presque toute forme de vie aurait été anéantie.
Le cratère météoritique en Antarctique a été découvert pour la première fois en 2006. Il s’agissait d’une mission conjointe de la NASA et du Centre allemand pour l’aéronautique et l’astronautique, visant à mesurer les anomalies du champ de gravité terrestre afin de comprendre la répartition de la masse sur la planète et son évolution dans le temps.
De nouveaux détails obtenus en 2018 sur le champ de gravité de l’Antarctique oriental, grâce aux satellites GRACE, ont révélé une anomalie gravitationnelle positive marquée dans un bassin d’environ 500 kilomètres de diamètre.
Certains scientifiques sont convaincus qu’un astéroïde de type M, composé principalement de métaux, se trouve enfoui dans les profondeurs de l’Antarctique, dans la région de Wilkes Land.
Cette découverte a également suscité de vives discussions chez les théoriciens du complot, qui ont rapidement évoqué des affirmations selon lesquelles les nazis auraient construit des installations secrètes dans cette région pendant la Seconde Guerre mondiale.
L’impact colossal a probablement projeté d’énormes quantités de poussière dans l’atmosphère, créant un environnement extrêmement hostile à la vie: des mois d’obscurité et des pluies acides corrosives ont transformé la planète en enfer. Seules quelques formes de vie primitives ont survécu à cette catastrophe. Parmi elles figuraient les ancêtres des dinosaures, qui devinrent le groupe dominant pendant les près de 200 millions d’années suivantes. Ce scénario digne d’un film apocalyptique marqua la fin de l’ère permienne il y a environ 250 millions d’années. «On estime que 80 à 90% des espèces marines et terrestres ont disparu à cette époque», explique Michael J. Benton, professeur de paléontologie à l’université de Bristol.
Les causes de cette extinction massive restent débattues parmi les scientifiques. Tandis que certains évoquent des impacts de météorites, d’autres privilégient l’hypothèse d’éruptions volcaniques. «L’activité volcanique, accompagnée d’émissions colossales de CO₂, est aujourd’hui considérée par de nombreux chercheurs comme le principal déclencheur de cette extinction», affirme Benton.
Le cratère d’impact découvert en Antarctique oriental est environ trois fois plus grand que celui de Chicxulub, dans la péninsule du Yucatán. Là-bas, une météorite s’est écrasée il y a environ 65 millions d’années, possiblement responsable de l’extinction des dinosaures. Cependant, la météorite qui a laissé cette immense cicatrice dans la croûte antarctique était, avec un diamètre estimé à plus de 45 kilomètres, plusieurs fois plus grande que celle qui a causé la disparition des dinosaures.
Heiner Kubny, PolarJournal

