Le cycle de l’azote plus actif que prévu en Arctique

par Léa Zinsli
06/15/2026

Une nouvelle étude montre que la fixation de l’azote se produit dans l’océan Arctique, y compris sous la banquise, contribuant à la productivité marine.
Banquise Arctique (Photo : Léa Zinsli)

L’océan Arctique est longtemps apparu comme un environnement pauvre en nutriments, où le manque d’azote limite la croissance des microalgues qui constituent la base du réseau alimentaire marin. De nouvelles recherches suggèrent toutefois que cette vision est incomplète.

Les scientifiques ont montré que la fixation de l’azote, un processus qui transforme l’azote dissous en une forme utilisable par les organismes vivants, se produit dans de vastes zones de l’océan Arctique, y compris sous la banquise. Ce processus est assuré par des micro-organismes spécialisés et était jusqu’ici considéré comme peu important dans des eaux aussi froides et couvertes de glace.

Les chercheurs ont observé cette activité dans des conditions très variées, allant de la banquise épaisse aux zones plus dynamiques en bordure de banquise. L’activité était particulièrement élevée près de la glace en fonte et dans les régions où les algues étaient déjà abondantes. Des niveaux mesurables ont également été détectés dans des zones entièrement recouvertes de glace.

Sites d’échantillonnage dans l’océan Arctique (Figure : von Friesen et al. 2025, Communications Earth & Environment)

L’un des résultats les plus marquants est le lien étroit entre ce processus et la productivité biologique. Autrement dit, plus l’écosystème est actif, plus il produit d’azote permettant de soutenir une croissance supplémentaire. Cela suggère l’existence d’une boucle de rétroaction dans laquelle la vie marine arctique contribue à maintenir sa propre activité à mesure que les conditions évoluent.

L’étude remet également en question les idées reçues sur les organismes impliqués. Au lieu des cyanobactéries généralement responsables de la fixation de l’azote dans les océans plus chauds, le processus arctique semble dominé par d’autres micro-organismes, moins étudiés.

Avec le recul de la banquise, davantage de lumière atteint la surface de l’océan, favorisant la croissance des algues. La nouvelle source d’azote identifiée pourrait encore renforcer cette dynamique.

Ces résultats suggèrent que l’océan Arctique est plus dynamique et moins limité par les nutriments qu’on ne le pensait, avec des conséquences importantes pour les écosystèmes et le rôle de la région dans le système climatique mondial.

Léa Zinsli, PolarJournal